Shymkent

chronique, souvenirs, voyage

un malentendu et on se retrouve à Shymkent
mélange de grisaille immatérielle
et de béton superstitieux

fœtus dénué d’une quelconque gloire
au creux d’un ventre continental

fleurs
irréalistes dans une bouteille de vodka
sur une cheminée sans feu
un soir interminable d’automne

la vieille tuyauterie communiste
relie toutes les pauvretés entre elles
ça rigole pas
ça pleure jamais
les bagnoles
sont les seules à briller
sont les seules qu’on astique
en regardant la mort en face

il s’envole quelques pigeons agnostiques
mais le ciel est trop bas on s’y cogne on y perd la raison
les chiens sont à personne ou ils appartiennent
aux tiques et les tiques sont de vieilles salopes
qui foutent la méningite
on est sur le qui-vive
les Ruskovs nous racontent des histoires de mort foudroyante
d’amis balayés en deux nuits
on reste vigilant on entend les sirènes
et chacun doit trouver son compte dans ce tas de plomb
alors on apprend à boire comme on apprend
à marcher de travers
et le reste nous échappe
le temps de deux ou trois bières
et déjà
l’espace qui nous entoure se grise
sur le trottoir de notre avenir solitaire
l’espace n’est plus qu’un objet impropre à l’imagination

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