Ardèche

chronique, extrait

Coincé entre Pierrelatte et Pierre Rabhi, je pense à l’éthique qui me pend lourdement sur le cou, comme une cloche de vache, avec mon numéro astrologique agrafé sur l’oreille, pour déterminer le jour de mon abattage. Je pense à faire la part des choses, je pense à ce foutu colibri. J’ai arrêté la bidoche depuis plusieurs mois, je bouffe du tofu made in France et je vais faire mes courses chez les voleurs de la Biocoop. Je me demande en quoi Bouddha et Pierrot valent mieux qu’un Rimbaud qui se taille vendre des armes ou qu’un Dosto désespéré qui passe par la roulette. Je pense à la ministre de l’écologie qui fait abattre les loups. Je pense à Al Gore qui prend l’avion trois fois par semaine pour faire parler de lui. Je pense aux vingt-neuf principes des Bishnoïs, à leurs femmes qui donnent la tétée aux petites gazelles. Je pense à mon cousin qui chie dans des chiottes sèches et à Kiki qui trafique des cailloux au Nicaragua. Je pense à la passion, à la passion, et à la sobriété. Je pense à toi, qui brules ta vie, à trop l’aimer, et à toi aussi qui la détestes, à trop flipper.
Alors, je me dis qu’il vaut mieux que j’aille marcher. Et je pars dans la garrigue en me demandant comment faire pour écraser le moins de fourmis possible. J’évolue lentement sur la pointe des pieds, et je finis par dire « va chier »

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