times

bloc-note, débordement, délire

tu sais j’ai pas prévu cette ironie
je me suis réveillé c’était pas comme avant
c’était comme après une sale soirée
où ont m’aurait chouravé ce qui me restait
de poésie dans le bide
où on m’aurait prélevé la vésicule biliaire
pour la vendre aux chinois
mélangé au ginseng
et je me suis réveillé
dans une baignoire remplie de glaçon
et j’écris un texte
mais va pas croire
c’est juste du doigt sur les boutons
d’un ordinateur
réaliste
***
je suis resté coincé
à Brooklyn alors que tous mes amis étaient partis
pour Manhattan
pour voir une grande exhibition
j’attends encore la belle échappée
à bord du J train mais peut être que j’ai la frousse
finalement
et que cette bibliothèque municipale me va très bien
pour faire mon lard pendant que ça rouille
les rails
et que ça dégèle
mais comprends quand même
faudrait qu’j’assume
mais y a de l’amour dans mon système qui se rhabille
qui fout sa gaine
je sortirai si le soleil se lève
***
le black hier il en voulait aux blancs becs
et à jésus
il disait que jésus il avait été inventé par les blancs becs pour buter
les indiens
et les nègres et bon malgré qu’il arrivait à contenir
encore le génie sanguinaire dans sa lampe
et que sa béquille c’était pas un m16
il crachait quand même quelques glaires
pour dire ce qu’il pensait
de tout ça
il était à deux doigts de la justice
mais il a fini par conclure
que les hot dog sont finalement
plus utiles
que les meurtres de
sang froid
oh lord
jusqu’à quand ça tiendra
***
ça fait trop mal aux yeux
ce jeu cette culpabilité
que l’on transmet
comme les lumières publicitaires
avec notre portrait et notre slogan merdique
comme le rêve sur Times Square
à se croire exemplaire
à croire simplement que l’on plait
encore davantage lorsqu’on est vrai
mais c’est pas vrai
c’est juste une rupture volontaire de la justice
c’est juste une prise
que l’on débranche à sa guise
***
on a beau dire
non rien

Probablement vrai

débordement, délire, pulsation, reflux

Je suis arrivé et j’ai entendu
« Bienvenue »
Le ciel était encore intact
Quand on glissa la brique dans la poche
De mon manteau
Je suis entré dans la fête
À présent j’assiste à la naissance d’une probabilité

Le feu n’a pas encore pris
Puisque j’entends « reviens, je t’en prie »
La foule attend la foudre
Qu’a-t-elle de mieux à faire
C’est que la musique s’impatiente
Le manque de continuité et c’était quand déjà
En quelle année ?
Et c’était comment après ?
Le manque de continuité
Une voix répond « je n’ai pas besoin de toi »
Et les voix maintenant vivent à couteau tiré
Elle hurle « voyons, vous battez pas
Vous êtes tous mes amours »
Oh ouais elle est pas mal roulée dans sa robe tachée
Oh ouais elle balance bien
Sur ce son démodé
Hou Hou font les Marlon Brando
Hey Hey touchez pas touchez pas la beauté
C’est une probabilité
La mort le mur la mort le mur
Alors choisi bien choisi bien
Parce que derrière il y a tout ce que tu n’as jamais regretté
Parce que derrière il y a la terre
La mer et le vent et les étrangers
Parce que derrière
Tu pourrais me faire bander
Tu pourrais me faire décrocher
Baby Baby
Embrasse-moi
Je veux savoir si y a moyen de se connecter
A la sphère intérieure
Je veux savoir si y a moyen de se barrer quelque part
T’emballe pas trop t’emballe pas
T’es sur la liste d’attente
Ça pourrait prendre du temps
Dès fois que je perde le contrôle de la nuit
Dès fois que je me fasse flinguer
Par une probabilité
Ce que je peux faire pour le moment
C’est te filer de la pitié
Je peux faire ça, pour l’instant
Ou bien tu peux mater
Mate un peu la probabilité
comme elle remue quand je danse
Tu vois pas je chevauche ton manque de confiance
Je me pare de ton orgueil
Je regarde ailleurs
Je vais à maison mère
Je vais à Creepy City
Je vais sur la terre
Il y a la terre et les indigènes et le mur et les étrangers
Je suis la route au dessus de la route
Je suis la langue perdue de Babel
Sur le sexe de dieu
Je suis le proprio où il n’y a pas de frontières
Regarde ici est ma terre
Mate
Mon lopin de solitude et je n’ai pas besoin de t’y inviter
Parce qu’il se pourrait que tu restes
Et tu restes où tu es
Et tu y es
Et tu y es
Et tu y es
Alors, vas-y reste
Mais sache que
Nous sommes à présent liés
Par le sang des planètes
Par le crash des comètes
Nous avons pactisé et
et pas que tisé
Et maintenant ça ne sera jamais assez
Tu vas te faire mal
Tu peux pas sortir comme ça
Tu vas te blesser
Baby Baby la vérité
Cette fête était vraiment à chier
Mais on pourrait bien la sublimer
Cette fête était vraiment à chier
Mais c’est là qu’on a su
La probabilité
Les gens s’en sortaient pas mal
Avec leur amour dans la poche et leur pilule de propreté
Baby Baby
C’est ensemble que l’on tombe et lui qu’est ce que t’en fais ?
Baby Baby
Il n’y a rien à saisir que des clés de probabilités
et des murs et des murs
et des fissures
Mais ramasse le bébé
Ramasse le bébé fais le voler fais le voler
Oui moi aussi je suis fatigué et la nuit se sépare en deux
Et je vois la mer se fendre et je sens la terre se fendre
Et je vois mon cerveau se fendre et le tien et le tien
Et le temps et le temps
Ramasse l’enfant
Mets le du bon côté
Le ciel n’a pas changé pour l’instant
C’est de l’électricité
C’est une planète difficile à avaler
C’est une probabilité
Une probabilité
Une probabilité
N’abandonne pas
N’abandonne jamais

wicked

collabo, délire, deterrage, fanzine, publication, souvenirs

Extrait du fanzine Wicked réalisé en 2013 avec Geraldine Mo (tirage épuisé)

https://www.flickr.com/photos/geraldinemorag/

https://society6.com/geraldinemo/

ce qu’il faudrait

ce qu’il faudrait
c’est libérer les épaves prisonnières entortillées
dans les poils du nombril
les faire voguer sur l’océan du je avec une troupe de bonzes à bord
qui chantent om maņi padme hûm tout en buvant du lait de chèvre
ce qu’il faudrait
c’est invoquer les esprits du blues dans les cimetières de trains beatniks
se prendre pour le cheval de Nietzche
manger du tigre végétarien
et boire l’eau du Gange en canette
ce qu’il faudrait
c’est une bande de mômes fumant le pouvoir par les oreilles
avec des shiloms plaqués merde
des transsexuels bonapartistes qui se font griller la saucisse
à la garden-party de dieu
ce qu’il faudrait
c’est s’allonger dans les nuages avec le télé magazine
et voir la nuit foutrement belle des érections de lune noire
et s’écrouler sur la banquise assaisonné comme un baba
couler un bronze en forme de cœur
ce qu’il faudrait
c’est une seringue pour s’injecter de la vieillesse
dégueulasse et contaminée par la jalousie des étoiles
ce qu’il faudrait
c’est bosser dur au bureau de poste des enfers
et se tamponner la taulière
et lui tirer les vers du nez comme ça
pour la postérité
ce qu’il faudrait c’est faire du lard
sur le canapé partisan élaborer son plan de carrière
et pourquoi pas
faire la vaisselle

ça progresse

blues, délire

y a bien longtemps
ça prend de la bouteille
on a toujours soif
mais bon, peut être que ça progresse
la bouche pâteuse et les dents sales
anges sirotant des roteuses ou s’injectant des rêves
pâles
toi l’animal des zoos et des voyages derrière les murs
puisses-tu trouver des villes banquises
et des chambres d’hôtels à trois balles
où y a encore un peu d’amour coincé
par là, entre les lattes, entre les ratiches,
sur la moquette et sous la couette
relève tes manches de manchots
c’est triste, mais il faut l’inventer quand même

tabula rasa

débordement, délire, fièvre, tiroir

incursion des astres dans les marées de mon sang
expansion de l’éternité comme une note éclatée dans
la circulation de mon fluide
de mon feu
insolent et fanatique
chaque seconde s’élève avec l’expiration indéfinie
de la mort
chaque seconde érige des villes vulnérables
des fièvres sans limites
des monuments d’oublis
cris
inopinés
une dimension explose
renversement
des travaux archaïques
des gloires stériles
place
aux lagunes démentielles
imprégnées de destin
hors d’atteinte
j’entends naitre
chaque seconde
où la mort expire
recrache sa pluie de comètes
la révolution des planètes
et chaque seconde compte
et décompte