Stupide

blues, fièvre, humeur

On peut voir une étoile ou se dire que se sont toutes les mêmes
Des galets, des pépites, juste des minéraux
Je dormais presque comme un bébé
Mes rêves étaient dénoués de corruption
La vie était un jeu, mais ça faisait longtemps qu’on avait dépassé le stade et l’arène.
Je croyais. Je croyais.
Non le jeu, le pouvoir.
Le feu, la dette
L’honnêteté, la sincérité
Parfois, on voudrait déléguer sa force
Laisser entrer sans frapper
Mais tu t’en tapais de la pièce, des meubles, des agencements
Du détail qui en dit long
Tu voyais juste une chambre d’enfant remplie de plaintes
Mais tu peux dire je t’aime, c’est juste une manière sincère de te faire voler
Dire que tu as besoin d’elle, te tirer une balle dans le pied

Tu n’es peut-être rien qu’une stupide beauté
Une pierre qui n’arrive même plus à rouler
Trahison c’est un bien grand mot.
On pourrait se contenter de fausse manœuvre
Je suis sorti de là
De mon infidélité et de mes faux serments
Mais même moi, je ne comprends pas comment
Tu ne sauras pas
Et bon j’ai pas envie d’entendre non plus tes théories
Tes victoires qui s’enchainent à des souvenirs tyranniques
Et cette sorte d’amour que l’on soustrait
Libre ? Quelque chose comme ça ou bien splendeur
Qui ne touche à rien
J’aurais voulu te donner le matin
Mais tu l’aurais vendu à la nuit contre une petite sécurité
Tu n’es qu’une stupide beauté

Cœur envieux
Navré
Méchamment
Retiens-moi
Ne prends pas plus que ce dont tu as besoin
Entends la vérité du silence
Ne te trahis pas toi-même
Laisse la mouise qui ne t’appartient
Laisse la justice au destin

Mes pensées n’étudient rien
Tandis que tes yeux s’automnent
Puisque je voudrais m’excuser pour
Celui qui a commis le crime
Ehonté
De ressentir
Qui s’était brisé sur la frontière
Qui s’était lié à un nuage

Je suis si stupide
Une pierre qui n’arrive même plus à rouler
Sur laquelle les spores ne savent même plus germer
Je t’aime

Je voudrais te voir fleurir sous la lumière de mes larmes

héroïque

blues, débordement, fièvre, humeur, pulsation

et puisqu’on se doit bien d’attendre
et que ça viendra ou pas
on doit pas tout donner
parait qu’il faut en garder sous le coude
pour l’hiver au coin du feu
ou pour le râteau des épicières
ou pour la lutte des classes
pourtant, faut faire confiance
à quoi bon. à la chance
et en avant
on se préoccupera de la paix avec nos jardinières
nos composteurs et nos pulls vintages
et le papier cul recyclé
et les spaghetti
sans gluten
ouais c’est des idées
qui passent comme les autres
et qu’il faut accommoder
avec l’idée qu’on se fait
de ce qui est honnête ou
pour la cordialité
pour pas faire trop
vénèr à l’extérieur
pour pas que les rides prospèrent
sur ton postérieur
oh oui je le sais
qu’y a du blé à se faire
et des graines oubliées dans le vent
de la vieillesse
alors, j’ai pas perdu mon temps
je l’ai juste égaré
chante un timbré
dans le tromé
plumé jusqu’aux os
et de la nuit raz la casquette
mais rassure-toi
ta part je la rendrais
elle doit être
quelque part
et vas-y l’zigoto
qu’est ce que tu veux rajouter
à cette foutue cyber immortalité
« c’est chaud d’arriver
à rester romantique
avec le temps qu’il fait !»

comment ça va, ma poule ?

fièvre

ça roule ici, poupée
comme ça roulera aussi sans nous

sur une pente semi nocturne
la charrette branlante d’un rêve
à l’intérieur de l’extérieur de la réalité

oui ça va pas trop mal ma poule
c’est juste cette bonne vieille routine qui prend un bol d’air
c’est cette mémoire dans la mémoire
c’est cette morsure du genre clébard
dans cet espoir
genre os de gloire
c’est l’ordinaire qui était là avant nous
et qui se cherche un bon dieu dans un bruit d’estomac

oh oui ça gaze ne t’en fais pas
on va bien arriver quelque part
dans une heure
ou dans le coaltar
ou qu’on va trainer dans le hall de guerre
à mater l’horloge
solaire
en attendant que les reins tassent
et les trains passent mais y en a guère
qui aillent là-bas
je dis pas qu’c’est loin mais c’est que ça doute
et
faut pas desserrer la rondelle
c’est pas léger mais c’est réel
ceux qui cogitent pendant que tu perds
alors faudra
mais dans de beaux draps
et suis,
sidère,
et fais comme si
mais si sensible
le ciel qui s’embrase
comme une gauloise
et le scénar qui s’épaissit
et les anges de la roulette russe
qui signent aussi
même si c’est froid dans la rue
si
et vas-y
je cours déjà
j’y met du mien
je dirais presque que
je t’aime bien
si seulement

si
ça roule ici
chérie
comme ça roulera aussi sans nous

je serais à l’heure

tabula rasa

débordement, délire, fièvre, tiroir

incursion des astres dans les marées de mon sang
expansion de l’éternité comme une note éclatée dans
la circulation de mon fluide
de mon feu
insolent et fanatique
chaque seconde s’élève avec l’expiration indéfinie
de la mort
chaque seconde érige des villes vulnérables
des fièvres sans limites
des monuments d’oublis
cris
inopinés
une dimension explose
renversement
des travaux archaïques
des gloires stériles
place
aux lagunes démentielles
imprégnées de destin
hors d’atteinte
j’entends naitre
chaque seconde
où la mort expire
recrache sa pluie de comètes
la révolution des planètes
et chaque seconde compte
et décompte