Partir et rester

peinture, peinture et poésie, portrait, pulsation, reflux, souvenirs, voyage

L’homme regardait les flammes
Comme on regarde dans les yeux du destin
Peut-être à mi-chemin entre prudence
Et aveuglement
Il avait regagné in extremis
Ce petit amas rocheux au milieu d’une mer d’armoise
Il pensait à l’enfant qu’il avait laissé là
Avait-il eu le temps de lui transmettre ça
Lui qui s’était évertué à rester digne
À maitriser dans le foyer de son âme cette bienveillance
Qu’il avait reçu jadis
Et l’homme regardait les flammes
Volées il y a longtemps
La lumière transfuge
Qui depuis lors
Vacille
Dans le regard du destin

_MG_1449

peinture, peinture et poésie, pulsation, voyage

Guérir réparer restaurer
Happé par l’environnement
Malade
J’ai mis quelques couleurs dans la terre
Et si rien ne germe
C’est que ce moment n’a pas été assez naturel
Je recommencerai
Peut être encore quelques
Idées
à tuer
Sans les haïr
Mais je pense trop
Et mes mathématiques doivent devenir
Spirituelles
Un procédé inconscient
De vie
Guérir réparer restaurer
La graine de ma vision
_MG_1388

Succession

pulsation, voyage

Sans chercher à savoir pourquoi
À quoi ça peut bien ressembler
Elle disait « que ça revienne ou pas »
Il disait « que ça casse ou passe »
L’espoir avait perdu confiance
Restait encore là-bas la chance
Inexorablement familière

J’étais sorti de nulle part
Et arrivé tard dans la nuit
Un dernier tour dans mon sac
Et du sang-froid sur ma chemise
Vers le phare j’ai reconnu la menace
Je l’ai suivi jusqu’à la Plaza de Armas
Où j’ai dû tout jeter pour pouvoir entrer

Le corbeau portait un message dans le bec
Il demanda de lui expliquer
Elle a dit « seul toi peux savoir, mec »
Il resta longtemps à ruminer
Puis un vent se leva comme un voile
Le port prenait la forme d’une colère ligotée
Il cria « bande d’enfoirés, rendez-la-moi !»

Accrochée à la nuit de noces
Elle supplie les dieux d’être honnêtes
Comme il s’éloigne, elle hurle et pleure
Et tente de le retenir avec un poème truqué
Dans la rue dévastée d’abondance et de flammes
Il dit « courage, tu as ce dont tu as besoin
Évite les péages et garde le cœur pur »

Vénus était en Scorpion
Et dans mon cœur se trouvait le canif d’Orion
J’étais triste comme la lune de mars
Lorsque j’ai entendu tes proverbes sortir
De la bouche d’un politicien véreux
Et lorsque le dernier ange que tu m’avais présenté
S’est avéré être un maquereau sans âme

Entre quatre ciels, sur le pavé nostalgique
Elle passe en revue les possibilités
Tandis qu’il dort et rêve qu’elle baise avec Dieu
Dans les culs de sac, la débauche se délecte
D’une réalité commune. Choisir l’amour.
D’une vie antérieure, un cœur percé se déleste
Elle est toujours là. Il se réveille ailleurs.

Sans hésitations. Je prends les mesures
Encore un peu, je pense à eux.
A un éventuel retour, mais la mémoire se sauve
Un sanctuaire. Ce qui viendra sera paisible
Sans pardon, ni punition, d’une telle sincérité
Et ils relâcheront doucement leur étreinte
En regardant la mort qui s’incline devant leurs pieds

héroïque

blues, débordement, fièvre, humeur, pulsation

et puisqu’on se doit bien d’attendre
et que ça viendra ou pas
on doit pas tout donner
parait qu’il faut en garder sous le coude
pour l’hiver au coin du feu
ou pour le râteau des épicières
ou pour la lutte des classes
pourtant, faut faire confiance
à quoi bon. à la chance
et en avant
on se préoccupera de la paix avec nos jardinières
nos composteurs et nos pulls vintages
et le papier cul recyclé
et les spaghetti
sans gluten
ouais c’est des idées
qui passent comme les autres
et qu’il faut accommoder
avec l’idée qu’on se fait
de ce qui est honnête ou
pour la cordialité
pour pas faire trop
vénèr à l’extérieur
pour pas que les rides prospèrent
sur ton postérieur
oh oui je le sais
qu’y a du blé à se faire
et des graines oubliées dans le vent
de la vieillesse
alors, j’ai pas perdu mon temps
je l’ai juste égaré
chante un timbré
dans le tromé
plumé jusqu’aux os
et de la nuit raz la casquette
mais rassure-toi
ta part je la rendrais
elle doit être
quelque part
et vas-y l’zigoto
qu’est ce que tu veux rajouter
à cette foutue cyber immortalité
« c’est chaud d’arriver
à rester romantique
avec le temps qu’il fait !»

Probablement vrai

débordement, délire, pulsation, reflux

Je suis arrivé et j’ai entendu
« Bienvenue »
Le ciel était encore intact
Quand on glissa la brique dans la poche
De mon manteau
Je suis entré dans la fête
À présent j’assiste à la naissance d’une probabilité

Le feu n’a pas encore pris
Puisque j’entends « reviens, je t’en prie »
La foule attend la foudre
Qu’a-t-elle de mieux à faire
C’est que la musique s’impatiente
Le manque de continuité et c’était quand déjà
En quelle année ?
Et c’était comment après ?
Le manque de continuité
Une voix répond « je n’ai pas besoin de toi »
Et les voix maintenant vivent à couteau tiré
Elle hurle « voyons, vous battez pas
Vous êtes tous mes amours »
Oh ouais elle est pas mal roulée dans sa robe tachée
Oh ouais elle balance bien
Sur ce son démodé
Hou Hou font les Marlon Brando
Hey Hey touchez pas touchez pas la beauté
C’est une probabilité
La mort le mur la mort le mur
Alors choisi bien choisi bien
Parce que derrière il y a tout ce que tu n’as jamais regretté
Parce que derrière il y a la terre
La mer et le vent et les étrangers
Parce que derrière
Tu pourrais me faire bander
Tu pourrais me faire décrocher
Baby Baby
Embrasse-moi
Je veux savoir si y a moyen de se connecter
A la sphère intérieure
Je veux savoir si y a moyen de se barrer quelque part
T’emballe pas trop t’emballe pas
T’es sur la liste d’attente
Ça pourrait prendre du temps
Dès fois que je perde le contrôle de la nuit
Dès fois que je me fasse flinguer
Par une probabilité
Ce que je peux faire pour le moment
C’est te filer de la pitié
Je peux faire ça, pour l’instant
Ou bien tu peux mater
Mate un peu la probabilité
comme elle remue quand je danse
Tu vois pas je chevauche ton manque de confiance
Je me pare de ton orgueil
Je regarde ailleurs
Je vais à maison mère
Je vais à Creepy City
Je vais sur la terre
Il y a la terre et les indigènes et le mur et les étrangers
Je suis la route au dessus de la route
Je suis la langue perdue de Babel
Sur le sexe de dieu
Je suis le proprio où il n’y a pas de frontières
Regarde ici est ma terre
Mate
Mon lopin de solitude et je n’ai pas besoin de t’y inviter
Parce qu’il se pourrait que tu restes
Et tu restes où tu es
Et tu y es
Et tu y es
Et tu y es
Alors, vas-y reste
Mais sache que
Nous sommes à présent liés
Par le sang des planètes
Par le crash des comètes
Nous avons pactisé et
et pas que tisé
Et maintenant ça ne sera jamais assez
Tu vas te faire mal
Tu peux pas sortir comme ça
Tu vas te blesser
Baby Baby la vérité
Cette fête était vraiment à chier
Mais on pourrait bien la sublimer
Cette fête était vraiment à chier
Mais c’est là qu’on a su
La probabilité
Les gens s’en sortaient pas mal
Avec leur amour dans la poche et leur pilule de propreté
Baby Baby
C’est ensemble que l’on tombe et lui qu’est ce que t’en fais ?
Baby Baby
Il n’y a rien à saisir que des clés de probabilités
et des murs et des murs
et des fissures
Mais ramasse le bébé
Ramasse le bébé fais le voler fais le voler
Oui moi aussi je suis fatigué et la nuit se sépare en deux
Et je vois la mer se fendre et je sens la terre se fendre
Et je vois mon cerveau se fendre et le tien et le tien
Et le temps et le temps
Ramasse l’enfant
Mets le du bon côté
Le ciel n’a pas changé pour l’instant
C’est de l’électricité
C’est une planète difficile à avaler
C’est une probabilité
Une probabilité
Une probabilité
N’abandonne pas
N’abandonne jamais

Καληνύχτα, Ειρήνη

blues, pulsation, tiroir

j’écoute passer Leadbelly
sur une route très lointaine
ses notes avancent pas à pas
sur le tapis de feuilles sèches
il fait très bon le vent est pur
non je ne crois pas qu’il pleuvra
je ne sais pas d’où vient la vie
le rythme me prend sous son aile
la musique craque ça lui va bien
et je l’écoute et ça va mieux
je me laisse aller à la nuit
je n’ai plus besoin de parler
et penser je n’y pense plus
advienne ce qu’il adviendra
la vie s’attarde dans les bois
je me promène et je vais bien
et bien que la chanson s’achève
je vous aimerais toujours quand même
pour votre beauté
trop naïve
vos larmes et vos tristes notes
jusqu’à ce que la mer s’assèche
je vous dis bonne nuit
la paix
je vous garderais dans mes rêves

chanson traditionnelle d’une province disparue

noir, pulsation, rimes, song, tiroir

c’est la teuf autour du barbeuk
je regarde griller le bœuf
qui fut jadis un bon poète
en plus qu’il fut mon
meilleur pote

j’entends les synthés qui mitraillent
la ligne de basse écœurante
le débit de la merde aqueuse
flow de paroles racailleuses

les nanas exposent leurs lunes
dans mon ciel repeint à la gueuse
les loulous contractent leurs muscles
serrent leurs dents décapsuleuses

ça joue les durs toutes ces feignasses
face à ces potiches mouillées
je tente d’entrer dans leur race
un mec dit « on est bien pas vrai ? »

et ces zonardes aux gros nénés
gobent les mouches et le discours
ultravide
de l’ultrabronzé
qui bande dans son pantacourt

et je m’abime le scopitone
je cherche un trou où m’enterrer
loin de ces mégas
supers hommes
qui se talochent avec l’été

je cherche et y a rien ni personne
que des tocards des pique-assiettes
qui jouent à péter des canettes
dans le bac à sable des mômes

je suis cramé ça suffit pas
faut m’dégoupiller l’occiput
y balancer de l’eau glacée
je vais pas bien faudrait que j’les bute

que j’les balance dans la piscaille
que le vide se remplisse d’eau
que j’les vois flotter comme des poiscailles
sur le dos

mais y a du vent
dans mon bocal
et y a des heures dans le formol
et y a le ciel et y a que dalle

et j’abandonne
et j’abandonne