Distance, recul

Quand j’ai commencé le projet « Prochain Lointain » l’an dernier, je voulais peindre ceux qu’on appelle les proches en tentant de faire résonner l’ambivalence des sentiments que l’on peut éprouver face à l’autre. Ma nature distante, tournée vers la route, l’amour du plus lointain, et la tentation d’être plus proche, moins défiant, de soignerLire la suite « Distance, recul »

Partir et rester

L’homme regardait les flammes Comme on regarde dans les yeux du destin Peut-être à mi-chemin entre prudence Et aveuglement Il avait regagné in extremis Ce petit amas rocheux au milieu d’une mer d’armoise Il pensait à l’enfant qu’il avait laissé là Avait-il eu le temps de lui transmettre ça Lui qui s’était évertué à resterLire la suite « Partir et rester »

Cordillère

nous avons pris le bus pour joindre Chiclayo au travers des déserts et des petits rios tout secs haletant comme pris dans de fatales rumeurs de paradis aux masques de crotale et la planète élance ses longs membres gonflés ses cactées étrangères à la moralité des fantômes espagnols aux idées dramaturges qui hantent pour toujoursLire la suite « Cordillère »

Arcadia

Aρκαδία j’étais parti vers l’est sans flancher solitaire sur les routes sclérosées dans l’ordre désordonné je cherchais au bord de la falaise des rumeurs les visages sans âge les rues sans adresse faisant croire que la solitude m’allait comme un gant colmatant mes fêlures pour ne pas laisser s’infiltrer leur pitié pour ne pas meLire la suite « Arcadia »

wicked

Extrait du fanzine Wicked réalisé en 2013 avec Geraldine Mo (tirage épuisé) https://www.flickr.com/photos/geraldinemorag/ https://society6.com/geraldinemo/ ce qu’il faudrait ce qu’il faudrait c’est libérer les épaves prisonnières entortillées dans les poils du nombril les faire voguer sur l’océan du je avec une troupe de bonzes à bord qui chantent om maņi padme hûm tout en buvant duLire la suite « wicked »

Shymkent

un malentendu et on se retrouve à Shymkent mélange de grisaille immatérielle et de béton superstitieux fœtus dénué d’une quelconque gloire au creux d’un ventre continental fleurs irréalistes dans une bouteille de vodka sur une cheminée sans feu un soir interminable d’automne la vieille tuyauterie communiste relie toutes les pauvretés entre elles ça rigole pasLire la suite « Shymkent »